Créer sa société : les étapes, les coûts réels, et ce que vous pouvez faire seul
Le guichet unique ne coûte rien à l'accès, mais trois frais réglementés restent dus. Savoir qui fait quoi, et où votre responsabilité commence.
Guide général, pas un conseil juridique personnalisé. PlanD-Pro n'est ni avocat, ni expert-comptable, ni l'administration. Chaque situation (forme juridique, associés, apports, activité réglementée) change la réponse exacte. Toutes les formalités passent par le guichet unique de l'INPI ; c'est l'administration qui décide et fixe les délais. Les frais cités sont réglementés mais révisés régulièrement : à vérifier à leur date sur les sources officielles. Un lien vers un service de formalités, s'il est présent, est rémunéré et clairement signalé, séparé de l'analyse.
Beaucoup de sites promettent une société « en 10 minutes pour 0 € ». La réalité est plus simple à comprendre qu'il n'y paraît, à condition de séparer deux choses : les démarches (que vous pouvez faire vous-même) et les frais réglementés (dus quoi qu'il arrive). Voici les huit étapes réelles, dans l'ordre où elles se posent, et ce qui relève vraiment de vous.
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1. Faut-il vraiment une société, ou une micro-entreprise suffit-elle ?
~20 minutes de réflexionLu par Ariane (titre et lexique) puis Fabrice (texte).
- micro
- entreprise — un régime individuel simplifié, à déclarer gratuitement, avec des plafonds de chiffre d'affaires.
- société
- une personne morale distincte de vous (SAS, SARL…), avec des statuts, un capital et des formalités.
La première décision se prend avant toute formalité. Une micro-entreprise se déclare gratuitement, en ligne, sans statuts ni capital : c'est le chemin le plus léger pour tester une activité. Une société est une personne morale distincte, qui sépare mieux votre patrimoine de celui de l'activité et rassure banques et partenaires — mais qui demande des statuts, un capital et les frais réglementés décrits plus bas.
Si votre activité est simple et démarre petit, la micro-entreprise suffit souvent. Dès qu'il y a des associés, des investisseurs, ou un besoin de séparation nette du patrimoine, la société prend son sens. Ce choix se pèse au cas par cas, pas sur un slogan.
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2. Où crée-t-on une société aujourd'hui ? (le guichet unique)
~15 minutes pour créer le compteLu par Ariane (titre et lexique) puis Fabrice (texte).
- guichet unique
- le site officiel unique (formalites.entreprises.gouv.fr), opéré par l'INPI, par lequel passent toutes les formalités d'entreprise.
- RNE
- le Registre national des entreprises, tenu par l'INPI.
Depuis 2023, une seule porte d'entrée pour toutes les créations : le guichet unique des formalités, opéré par l'INPI. Son accès est gratuit. C'est lui qui transmet ensuite votre dossier aux bons organismes : le greffe pour l'immatriculation au registre du commerce, l'INPI pour l'inscription au Registre national des entreprises, les organismes sociaux et le service des impôts dont dépend votre siège.
Retenez ceci : vous pouvez créer votre compte et déposer votre dossier vous-même. Personne ne s'interpose entre vous et l'administration — un prestataire ne fait que remplir ces étapes à votre place, sur mandat.
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3. Rédiger les statuts : le document qui vous engage
de 1 heure (modèle) à plusieurs jours (sur-mesure)Lu par Ariane (titre et lexique) puis Fabrice (texte).
- statuts
- l'acte écrit qui fixe les règles de la société : objet, capital, dirigeants, répartition des pouvoirs.
Les statuts ne sont pas une formalité de plus : c'est le contrat qui régira votre société pour des années. Ils fixent l'objet social, le capital, la nomination des dirigeants, la répartition entre associés. Un modèle gratuit convient à une situation simple et unipersonnelle ; dès qu'il y a plusieurs associés, des apports variés ou des règles de gouvernance particulières, un modèle mal adapté se paie plus tard.
Bonne nouvelle qui réduit les frais annexes : les statuts n'ont plus, en règle générale, à être enregistrés au service des impôts — sauf dans certains cas précis (par exemple un apport immobilier). En cas de doute sur votre situation, l'avis d'un professionnel coûte moins cher qu'un statut à refaire.
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4. Le capital social : combien déposer, et où ?
~1 à 2 semaines (dépôt et attestation)Lu par Ariane (titre et lexique) puis Fabrice (texte).
- capital social
- la somme (ou les biens) que les associés apportent à la société au départ.
- dépôt de capital
- le versement des apports en numéraire sur un compte bloqué, contre une attestation.
Pour une SAS/SASU ou une SARL/EURL, le capital minimum légal est de 1 euro. Légalement possible, mais rarement judicieux : un capital symbolique fragilise la crédibilité auprès des banques et ne donne à la société aucune marge pour ses premières dépenses.
Concrètement, les apports en numéraire sont déposés sur un compte bloqué (banque, notaire ou compte de consignation), qui délivre une attestation de dépôt. Cette attestation fait partie des pièces exigées pour l'immatriculation. Les fonds sont débloqués une fois la société immatriculée.
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5. L'annonce légale : l'étape obligatoire qu'on oublie
~30 minutesLu par Ariane (titre et lexique) puis Fabrice (texte).
- annonce légale
- une publication officielle qui informe les tiers de la création de la société, dans un support habilité.
Créer une société suppose de publier une annonce légale dans un support habilité de votre département. C'est une étape obligatoire, distincte des frais de greffe, et qu'on découvre souvent au dernier moment. Son coût est un forfait réglementé qui dépend de la forme juridique (SASU, SARL, EURL…) et du département.
Le support vous remet une attestation de parution : elle rejoint le dossier déposé sur le guichet unique. Sans elle, l'immatriculation n'aboutit pas.
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6. Les coûts réels : trois blocs à ne pas confondre
~20 minutes pour chiffrerLu par Ariane (titre et lexique) puis Fabrice (texte).
- frais de greffe
- les frais réglementés d'immatriculation au registre du commerce (RCS).
Voici le cœur du sujet, celui que les publicités brouillent. Le coût d'une création se compose de trois frais publics distincts : les frais de greffe (immatriculation au RCS, tarif réglementé fixé par arrêté), les frais de l'INPI (inscription au RNE), et l'annonce légale (forfait réglementé selon la forme et le département).
Deux choses ne sont pas des frais de création, et il ne faut pas les confondre avec eux. Votre capital social reste votre argent, placé dans la société. Les frais de service d'un prestataire, eux, sont facultatifs : ils s'ajoutent aux frais publics, ils ne les remplacent pas. Un prix d'appel « à partir de 0 € » désigne presque toujours le seul service, jamais les frais réglementés obligatoires. Vérifiez chaque montant à sa date sur les sources officielles avant de vous engager.
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7. Qui est responsable de quoi ? (vous, l'administration, un prestataire)
~15 minutes de lectureLu par Ariane (titre et lexique) puis Fabrice (texte).
- mandat de formalités
- l'autorisation que vous donnez à un prestataire pour accomplir des démarches en votre nom.
Trois acteurs, trois rôles à ne pas mélanger. Le guichet unique (INPI) transmet votre dossier ; l'administration (le greffe) décide et fixe les délais — que personne ne peut garantir. Un prestataire comme LegalPlace agit sur mandat, avec une obligation de moyens : il n'est ni avocat ni expert-comptable (ses propres mentions légales le disent), et ne peut pas non plus promettre un délai de Kbis.
Dans tous les cas, vous restez responsable de l'exactitude de ce que vous déclarez. Pour un montage un peu complexe — plusieurs associés, apports en nature, pacte d'associés —, l'avis d'un avocat ou d'un notaire n'est pas un luxe : c'est ce qui évite un statut à refaire.
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8. Le faire seul, ou se faire aider ?
~10 minutes pour déciderLu par Ariane (titre et lexique) puis Fabrice (texte).
La réponse dépend de votre cas, pas d'une promesse commerciale. Si votre projet est simple et unipersonnel, vous pouvez tout faire vous-même sur le guichet unique : l'accès est gratuit, seuls les frais réglementés restent dus. Si vous manquez de temps, ou si la rédaction des statuts et l'annonce légale vous inquiètent, un service de formalités les prend en charge — contre des frais de service, à comparer honnêtement aux frais publics.
Et dès que la complexité monte, un professionnel (avocat, notaire, expert-comptable) devient le meilleur investissement. Le bon réflexe n'est pas « le moins cher » ni « le plus rapide », mais « le bon niveau d'aide pour mon cas ».
Combien ça coûte au total ?
La création d'une société suppose trois frais publics distincts : les frais de greffe (immatriculation au RCS, tarif réglementé fixé par arrêté et révisé), les frais de l'INPI (inscription au RNE) et l'annonce légale (un forfait réglementé qui varie selon la forme juridique et le département). À cela s'ajoute votre capital social — qui reste votre argent, pas un frais — et, si vous passez par un prestataire, ses frais de service, distincts et facultatifs. L'accès au guichet unique est gratuit : « gratuit » ne veut pas dire « sans frais réglementés ». Tous ces montants sont volatils : vérifiez-les à leur date sur les sources officielles ci-dessous avant de chiffrer, et méfiez-vous d'un « à partir de X € » qui n'inclut pas les frais obligatoires.
Questions fréquentes
Peut-on créer sa société soi-même, sans prestataire ?
Oui. Toutes les formalités se font sur le guichet unique (formalites.entreprises.gouv.fr), opéré par l'INPI, dont l'accès est gratuit. Restent les frais réglementés (greffe, INPI, annonce légale), dus quel que soit le chemin choisi. Un prestataire fait gagner du temps et sécurise la rédaction des statuts et l'annonce légale, mais il n'est pas obligatoire.
Combien coûte vraiment une création de société ?
Trois frais publics distincts : les frais de greffe (immatriculation au RCS), les frais de l'INPI (RNE) et l'annonce légale. Ils sont réglementés et révisés régulièrement, et l'annonce légale varie selon la forme juridique et le département. S'y ajoutent, le cas échéant, les frais de service d'un prestataire. Les montants exacts se vérifient à leur date sur les sites de l'INPI et du greffe : un « à partir de X € » qui n'inclut pas les frais obligatoires n'est pas le coût réel.
Le capital social minimum est-il vraiment de 1 € ?
Pour une SAS/SASU ou une SARL/EURL, le capital minimum légal est effectivement de 1 €. Mais un capital symbolique peut fragiliser la crédibilité auprès d'une banque ou de partenaires, et limiter la capacité de la société à faire face à ses premières dépenses. C'est un choix stratégique, pas une simple case à cocher.
Un prestataire peut-il garantir mon délai d'immatriculation (Kbis) ?
Non. Le délai dépend du greffe et de l'administration, que personne ne maîtrise. Un service de formalités a une obligation de moyens, pas de résultat sur les délais : méfiez-vous de toute promesse de délai ferme. Un dossier incomplet ou non conforme peut aussi être refusé, ce qui rallonge tout.
LegalPlace est-il un avocat ou un expert-comptable ?
Non. Ses propres mentions légales précisent qu'il n'est ni cabinet d'avocats ni cabinet d'expertise comptable : c'est un service de formalités et de génération de documents, avec mise en relation possible avec des professionnels. Pour un conseil juridique ou fiscal personnalisé — choix de forme, montage à plusieurs associés, apports en nature — il faut un professionnel.
Sources
Cadre et frais vérifiés sur les portails officiels (INPI, guichet unique) ; le rôle et les limites du service LegalPlace sur ses propres mentions légales et conditions générales. Tout tarif est volatil et doit être rouvert et daté avant de chiffrer — la vérification prime.
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INPI — Guichet unique des formalités et Registre national des entreprises (RNE) — INPI
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LegalPlace — Mentions légales (ni cabinet d'avocats, ni cabinet d'expertise comptable) — LegalPlace
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LegalPlace — Conditions générales (mandat de formalités, obligation de moyens, délais non garantis) — LegalPlace
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LegalPlace — Tarifs de création de société (frais de service distincts des frais de greffe/annonce) — LegalPlace
Ce que ce parcours ne prouve pas
- Ce parcours décrit le cas général d'une création de société simple. Un montage avec plusieurs associés, des apports en nature, un pacte d'associés ou une activité réglementée sort de ce cadre et demande l'avis d'un avocat, d'un notaire ou d'un expert-comptable.
- Les frais (greffe, INPI, annonce légale) sont réglementés mais révisés régulièrement, et varient selon la forme juridique et le département : les montants exacts se vérifient à leur date sur les sources officielles, jamais supposés.
- PlanD-Pro n'est ni avocat, ni expert-comptable, ni l'administration : cette page informe et oriente, elle ne rend aucune décision juridique personnalisée et ne garantit aucun délai.